mes loyautés
Il est 22h20, et je devrais déjà dormir. Mais comme souvent les dimanches soirs, je reste là, éveillée jusqu’à tard, à voir défiler mes pensées, les laissant aller et venir sans pouvoir les attraper, et encore moins les empêcher de m’assaillir…
en silence
Le ciel est calme, mais les étoiles ne brillent pas. Il devrait flotter dans l'air une euphorie légère, de celles que l'on connaît chaque premier janvier. Pourtant, cette nuit m'apparait plus sombre que jamais; je manque certainement d'objectivité. Depuis quelques jours maintenant, je m'emploie à graver l'empreinte de mon corps sur le canapé, l'y fondant, désarticulé, comme coulé au ciment. Le nouvel-an commence difficilement…
le poids des larmes
Lentement, je glisse dans l'immobilité, sans pouvoir me relever. Mon corps tout entier appel au repos, mais plus rien ne répond. Si mes membres semblent pouvoir encore s'articuler, tout à l'intérieur est figé. J'ai le sentiment d'être comme ces rivières dont la source, petit à petit, se tarit, ces rivières que l'on voit disparaître, et que l'on choisit d'ignorer par commodité. Celles dont il ne restera qu'un semblant de passage, un sentier noueux et caillouteux, qui tombera dans l'oubli, enseveli sous le bruit.